À l’occasion de la célébration du 10ᵉ anniversaire du Collège des Hautes Études de Stratégie et de Défense (CHESD), célébré ce jeudi 19 Août 2026 au palais du peuple, à Kinshasa, le président de la République démocratique du Congo, Félix-Antoine Tshisekedi, a livré un discours consacré aux enjeux sécuritaires, à la souveraineté nationale et à l’évolution de la doctrine de défense de la RDC.
Le chef de l’État a réaffirmé que la souveraineté, l’intégrité territoriale et l’unité nationale de la RDC ne sont pas négociables. Il a également insisté sur la nécessité de parvenir à une paix « juste, vérifiable et durable », fondée notamment sur le retrait des forces étrangères non invitées, la cessation du soutien aux groupes armés, leur désarmement effectif et la protection des populations civiles.
Félix Tshisekedi a réaffirmé son attachement au dialogue et à la diplomatie, notamment à travers les initiatives conduites sous l’égide de l’Union africaine ainsi que les processus de Washington et de Doha. Pour le président congolais, la recherche de la paix doit cependant s’accompagner du renforcement des capacités de défense du pays.
Dans son intervention au CHESD, Félix Tshisekedi a souligné que les menaces auxquelles la RDC est confrontée dépassent désormais le cadre traditionnel des conflits armés.
Le cyberespace, la maîtrise des données, les réseaux d’information, les chaînes d’approvisionnement et la protection des infrastructures critiques constituent, selon lui, de nouveaux enjeux de souveraineté.
Le président congolais a également évoqué la montée de la désinformation, l’utilisation des drones et de l’intelligence artificielle, le terrorisme, le dérèglement climatique ainsi que la compétition internationale autour des minerais stratégiques.
Selon lui, un port, une mine, un corridor logistique, une banque de données ou encore un réseau de télécommunications peuvent aujourd’hui représenter des enjeux de souveraineté aussi importants qu’une frontière terrestre.
Face à ces mutations, Félix Tshisekedi appelle à une doctrine de défense globale, reposant sur une meilleure coordination entre les forces armées, la diplomatie, le renseignement, l’économie, la recherche scientifique, la justice, la communication stratégique et l’aménagement du territoire.
Il faut noter que cette cérémonie marquait également la clôture de l’année académique 2025-2026 et l’ouverture de celle de 2026-2027 du CHESD et de l’ESAM. Plusieurs dirigeants africains y ont pris part, notamment le Président burundais Évariste Ndayishimiye, président en exercice de l’Union africaine.